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CUPE: Les compagnies aériennes semblent être aux commandes de l’enquête fédérale sur le travail non rémunéré, selon le SCFP

OTTAWA, ON--(BUSINESS WIRE)--Alors que s’amorce la deuxième phase de l’enquête fédérale sur le travail non rémunéré dans le secteur du transport aérien, la Division du transport aérien du SCFP, qui représente 20 000 agent(e)s de bord au Canada, s’inquiète de son impartialité et de sa légitimité.

« Les paramètres de l’enquête sont visiblement orientés en faveur des entreprises », affirme Wesley Lesosky, président de la Division du transport aérien du SCFP. « Et le gouvernement n’a pas fait grand-chose pour corriger l’impression que les compagnies aériennes sont en fait aux commandes. »

La première phase de l’enquête s’est soldée par une demande aux compagnies aériennes de procéder par elles-mêmes à des vérifications de conformité salariale. Le gouvernement fédéral recommande – sans toutefois l’exiger – que les syndicats participent à ces vérifications.

« C’est comme si on demandait aux conducteurs et conductrices de dénoncer leurs propres excès de vitesse. Ça mine assurément la confiance qu’on peut avoir envers les résultats », continue Wesley Lesosky.

D’autres éléments liés à la vérification soulèvent des inquiétudes :

  • Il n’existe aucune définition claire des « heures de travail » des agent(e)s de bord. Les compagnies aériennes auront donc le champ libre pour choisir quelles heures de service seront rémunérées, laissant la porte ouverte à perpétuer le travail non payé.
  • Les périodes de fort achalandage, comme Noël et la relâche (où les tempêtes, retards et perturbations opérationnelles sont à leur comble), ont arbitrairement été exclues de la période de vérification. C’est pourtant à ces moments que la pression liée au travail non payé s’accentue.
  • Le gouvernement accepte des échantillons de vérification extrêmement limités et non représentatifs : les compagnies aériennes dont l’effectif atteint 10 500 agent(e)s de bord n’auront qu’à vérifier les relevés de paie de 40 employé(e)s. Les résultats d’une vérification si limitée seront biaisés et non fiables sur le plan méthodologique.
  • L’échantillonnage aléatoire n’est pas exigé. Les compagnies aériennes pourront choisir à leur guise les personnes incluses dans la vérification, sans garantie que les personnes les plus touchées par le travail non payé seront prises en compte.
  • Les mesures correctives en cas de violations ne sont pas assez sévères. La solution lorsqu’une entreprise ne rémunère pas adéquatement ses employé(e)s ne devrait pas être de verser le salaire minimum, mais d’apporter des changements législatifs et réglementaires pour garantir que chaque heure travaillée soit payée au taux négocié.

« Les agent(e)s de bord méritent d’être payé(e)s pour chaque heure de travail effectuée, selon le taux habituel. Cette enquête devrait être une occasion de régler un problème de longue date, et non de le minimiser en aidant les entreprises à le balayer sous le tapis », souligne Wesley Lesosky.

Aujourd’hui, 1er avril, la Division du transport aérien du SCFP a rencontré le gouvernement fédéral pour lui faire part de ses préoccupations et l’exhorter à corriger le tir en renforçant le processus de vérification, pour qu’il soit rigoureux et représentatif, et en tenant compte des travailleuses et travailleurs concernés, pas seulement des PDG. La balle est désormais dans le camp du gouvernement.

Contacts

Karine Fortin
SCFP Communications
613 290-2593
karinefortin@cupe.ca

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