Naviguer le système de santé : le fardeau invisible des femmes selon la dernière Étude Croix BleueMD
Naviguer le système de santé : le fardeau invisible des femmes selon la dernière Étude Croix BleueMD
Une nouvelle étude nationale révèle que la charge mentale entourant la santé des femmes ne se limite pas à la maladie : il s'agit aussi du travail invisible additionnel de navigation, de coordination et de revendication de leurs propres soins.
TORONTO--(BUSINESS WIRE)--L’Étude Croix BleueMD sur la santé des femmes révèle que les Canadiennes ne font pas que composer avec la maladie : elles portent un fardeau invisible croissant lié à la navigation du système de santé. La recherche souligne ainsi que près des deux tiers des femmes disent éviter d’aborder certains enjeux de santé avec leur médecin. Plus de la moitié (53 %) des répondantes ont également déjà vécu un problème de santé chronique et parmi elles, 71 % disent avoir eu besoin de reconstituer leur historique médical de façon répétée. Ensemble, ces résultats mettent en lumière une dimension trop souvent négligée de la santé des femmes : le labeur cognitif, émotionnel et administratif nécessaire pour accéder à des soins efficaces.
« Ces résultats nous obligent à repenser notre approche de la santé des femmes et mettent en lumière le travail invisible que représente le fait de naviguer dans le système, affirme Sarah Hoffman, présidente et cheffe de la direction de Croix Bleue du PacifiqueMC. Pour de nombreuses femmes, gérer sa santé revient aussi à devoir gérer le système de santé lui-même. Elles deviennent en quelque sorte les gestionnaires de projet de leurs propres soins, portant seules le travail invisible de coordination entre les intervenants, de récit répété de leur historique médical et de défense de leurs besoins pour être entendues. »
De nombreuses femmes rapportent des expériences positives avec le système de santé - mais leur comportement révèle une tout autre réalité
Selon l'Étude, la majorité des Canadiennes et Canadiens se disent satisfaits de leur expérience avec le système de santé : 71 % estiment que leur médecin est à l'écoute et 88 % s'attendent à vivre des consultations positives. Or, en regardant de plus près, ces chiffres contrastent avec la réalité vécue par les femmes : elles sont en effet 64 % à rapporter avoir de la difficulté à aborder certains enjeux de santé avec leur médecin. Par ailleurs, plus de la moitié d'entre elles (53 %) vivent, ou ont vécu, avec un problème de santé chronique, dont 71 % affirment devoir répéter leur historique médical complet plusieurs fois par année.
Les jeunes femmes sont également plus susceptibles de taire certaines préoccupations : c'est le cas de 81 % des femmes de la génération Z (18 à 30 ans) - plus particulièrement si elles souffrent d’une maladie chronique (92 %) - et de 73 % des millénariales (31 à 45 ans). Ces résultats révèlent une contradiction frappante au sein du système de santé canadien : bien que de nombreuses femmes rapportent des expériences positives, leurs comportements racontent une tout autre histoire, laissant penser qu'elles naviguent le système avec prudence plutôt qu'avec confiance.
Jeunes femmes et jeunes hommes ont des attentes très différentes du système de santé
L'un des constats les plus marquants de l'Étude concerne la génération Z, où des écarts nets apparaissent entre les hommes et les femmes dans leur façon d'aborder le système de santé. Si 95 % des hommes de la génération Z s'attendent à ce qu'une consultation médicale se déroule bien, cette proportion chute à 82 % chez les femmes du même groupe d'âge.
Un plus grand fossé s'observe dans la perception du soutien reçu de leur médecin de famille : 82 % des hommes de la génération Z disent se sentir soutenus, contre seulement 66 % des femmes. Cet écart de 16 points, trois fois plus élevé que celui observé chez les millénariaux, représente l'un des plus importants observés dans l'ensemble de l'Étude. Ces résultats suggèrent que les jeunes femmes entrent dans l'âge adulte avec des attentes à l'égard du système de santé très différentes de celles de leurs pairs du sexe opposé.
« L'écart entre les hommes et les femmes est significatif et soulève une question importante : celle de savoir pourquoi les jeunes femmes rapportent un niveau de confiance et de soutien plus faible, poursuit Mme Hoffman. Cela nous force aussi à nous demander si nous progressons réellement en matière de santé des femmes, et si la prochaine génération dispose de la confiance et de la voix nécessaires pour défendre sa santé. »
Les femmes s'adaptent au système, mais n’en partent pas
Les données suggèrent que les femmes ne dissimulent pas nécessairement d'informations à leurs médecins ; elles semblent plutôt prendre des décisions délibérées quant à ce qu'elles peuvent raisonnablement accomplir lors de leurs rendez-vous. L'Étude révèle ainsi que 64 % des femmes ont des enjeux de santé qu'elles trouvent difficiles à aborder – une proportion qui augmente significativement chez les jeunes générations (81 % chez la génération Z et 73 % chez les millénariales).
Les raisons pour lesquelles les femmes font preuve de retenue varient selon la génération. Chez les femmes de la génération Z, la crainte d'être banalisées (30 %) et la peur d'être jugées (29 %) sont les principales raisons évoquées. Chez les millénariales, les femmes de la génération X (46 à 60 ans) et les baby-boomers (61 à 80 ans), l'embarras demeure le principal obstacle, rapporté respectivement par 29 %, 27 % et 35 % d'entre elles.
Les femmes semblent également davantage se préparer avant leurs rendez-vous, ce qui témoigne d'une adaptation plutôt que d'une simple insatisfaction isolée. Parmi les femmes ayant senti le besoin de prouver le bien-fondé de leurs symptômes pour être prises au sérieux, plusieurs disent avoir modifié leur façon d'aborder les consultations médicales : recherche d'information médicale, description ou justification répétée des symptômes, documents ou notes écrites apportés en consultation, suivi de l'évolution des symptômes dans le temps, visites répétées et insistance sur les répercussions des symptômes dans leur quotidien. Ces résultats suggèrent que les femmes adaptent leur façon de communiquer afin d'augmenter leurs chances d'être entendues durant leurs consultations.
La confiance change la donne
Selon l'Étude, l'un des facteurs qui prédit le mieux une expérience de santé positive n'est ni l'âge, le genre, ou la région - mais la confiance. Les Canadiennes et Canadiens qui décrivent leur médecin comme étant à l'écoute sont près de quatre fois plus susceptibles de s'attendre à une consultation positive que celles et ceux qui ne se sentent pas soutenus (98 % contre 25 %). Le soutien du médecin influence également la façon dont les sujets de santé sont communiqués : si 66 % des Canadiennes et Canadiens affirment décrire leurs symptômes avec justesse, cette proportion chute à 48 % chez celles et ceux qui ne se sentent pas soutenus par leur médecin.
Le soutien d'un médecin de confiance influence bien plus que le ressenti d'une personne à l'égard de sa consultation : il façonne aussi la façon dont elle communique ses symptômes, s'engage dans les conversations sur sa santé et navigue dans son parcours de soins. Le tableau qui se dresse confirme alors que la confiance ne fait pas qu'améliorer l'expérience patient : elle contribue à façonner les tendances comportementales observées tout au long de cette Étude.
Pour en savoir plus sur l'Étude, visitez : https://www.bluecross.ca/fr/etude-2026-sante-des-femmes/
À propos de l'Étude Croix BleueMD sur la santé des femmes
Pour réaliser l'Étude Croix BleueMD sur la santé des femmes 2026, Research + Knowledge = Insights, une société de recherche indépendante, a mené un sondage en ligne en mars 2026. L'échantillon complet de ce sondage comptait 2 045 adultes canadiens. L'étude comporte une marge d'erreur de plus ou moins 2 %, 19 fois sur 20.
À propos de Croix BleueMD
L'Association canadienne des régimes Croix Bleue (Croix Bleue du Canada) représente les régimes membres et les titulaires de licence indépendants de Croix Bleue qui exercent leurs activités dans toutes les régions du pays. Il s'agit de Croix Bleue de l'Alberta, Croix Bleue Canassurance (opérant sous Croix Bleue du Québec au Québec et sous Croix Bleue de l'Ontario en Ontario), Croix Bleue du Manitoba, Croix Bleue Medavie, Croix Bleue du Pacifique, Croix Bleue de la Saskatchewan et Croix Bleue Vie. Pour plus d'informations, consultez : www.bluecross.ca/fr
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