Le système d'indemnisation des accidents de travail est une «honte nationale», selon le Syndicat des Métallos

TORONTO--()--Les gouvernements provinciaux du Canada doivent corriger des défaillances majeures et profondément enracinées dans le système d'indemnisation des accidents de travail, qui continuent de détruire des vies et d'aggraver la crise des opioïdes, déclare le Syndicat des Métallos.

«Cette semaine, un reportage dans un quotidien national a décrit les répercussions désastreuses causées par les défaillances des commissions d'indemnisation des accidents du travail au Canada», déclare Ken Neumann, directeur national du Syndicat des Métallos.

«Malheureusement, ces révélations tragiques ne surprennent en rien les syndicats et les autres défenseurs des droits des travailleurs blessés, ni les travailleurs et les familles qui ont été dévastés par les défaillances de ce système», ajoute Ken Neumann.

«Depuis des années, les syndicats réclament des réformes pour un système qui génère des dépendances et détruit des vies, avec des surdoses mortelles et des suicides. Ces revendications ont été ignorées pour la plupart. L'heure est venue pour les gouvernements provinciaux de prendre des mesures pertinentes pour mettre un terme à cette honte nationale.»

Un rapport publié par le Globe and Mail a tracé un lien entre les lacunes enracinées dans le système d'indemnisation des accidents du travail et d'innombrables cas de dépendance exacerbant la crise des opioïdes, qui est devenue une urgence de santé publique au Canada.

Le rapport a documenté les problèmes systémiques, dénoncés de longue date par les syndicats et d'autres défenseurs des droits des travailleurs :

  • Les travailleurs blessés sont fréquemment contraints de retourner au travail – quelques jours après leur accident, dans bien des cas – avant même d'avoir pu guérir ou d'avoir reçu un traitement ou l'intervention médicale dont ils ont besoin, souvent en contradiction avec l'avis du personnel soignant.
  • Couverts par la commission d'indemnisation, les opioïdes sont souvent prescrits aux travailleurs accidentés pour gérer leur douleur, et un grand nombre d'entre eux sont devenus dépendants. Les travailleurs qui ont été contraints de reprendre le travail, et qui ont ensuite vu leurs prestations arrêtées, se sont souvent tournés vers des drogues de la rue bon marché, avec des conséquences mortelles.
  • Les traitements et les chirurgies recommandés pour de nombreux travailleurs accidentés sont refusés, limités ou reportés, parfois pendant des années.

«Il ne s'agit pas de problèmes nouveaux. Les commissions d'indemnisation suivent un système qualifié de "retour au travail rapide et sans danger" pour que les travailleurs accidentés retournent travailler et pour arrêter leurs prestations. Dans la pratique, l'aspect "rapide" de la reprise prend le pas sur la santé et la sécurité», déclare Ken Neumann.

«Bien souvent, le seul moyen pour qu'un travailleur accidenté puisse reprendre le travail est de suivre de lourds traitements à base d’opioïdes. Ces médicaments masquent la douleur et peuvent conduire à des accidents, des dépendances et pire encore.»

Le Syndicat des Métallos demande aux gouvernements provinciaux de tout le Canada d'exiger des réformes immédiates de leurs commissions d'indemnisation des accidents du travail, notamment :

  • Une meilleure acceptation des avis des médecins traitants, en particulier en ce qui concerne l'aptitude à travailler et les protocoles thérapeutiques.
  • Mettre un terme à la pratique de renvoyer au travail les travailleurs accidentés alors qu'ils suivent un traitement avec des médicaments tels que des opioïdes.
  • Les commissions d'indemnisation doivent envisager des méthodes alternatives de gestion de la douleur en dehors des médicaments, notamment une physiothérapie allongée et des soins psychologiques, comme une thérapie comportementale cognitive.
  • Les commissions d'indemnisation doivent garantir un meilleur contact avec les travailleurs qui suivent des programmes thérapeutiques, ainsi qu'avec leurs médecins traitants. Des soutiens renforcés doivent être mis en place pour les travailleurs accidentés présentant des troubles de dépendance et de santé mentale.
  • Donner la priorité et expédier les processus de demande d'indemnisation et les processus d'approbation des traitements et des interventions chirurgicales.
  • Les commissions d'indemnisation doivent avoir l'obligation de suivre et publier les données relatives aux cas de dépendance, ainsi qu'aux décès provoqués par des accidents du travail et des dépendances connexes.

«Des réformes immédiates sont nécessaires. Le système d'indemnisation des accidents de travail continuera sinon de dévaloriser la santé et la vie des travailleurs. Cette honte nationale doit s'arrêter», conclut Ken Neumann.

Le texte du communiqué issu d’une traduction ne doit d’aucune manière être considéré comme officiel. La seule version du communiqué qui fasse foi est celle du communiqué dans sa langue d’origine. La traduction devra toujours être confrontée au texte source, qui fera jurisprudence.

Contacts

Ken Neumann, directeur national du Syndicat des Métallos, 416 544-5951
Bob Gallagher, communications du Syndicat des Métallos, 416 434-2221, bgallagher@usw.ca

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Bob Gallagher, communications du Syndicat des Métallos, 416 434-2221, bgallagher@usw.ca